un atelier d’écriture comme espace d’expression et de communication.

 » Par hasard »

Posté on 11, décembre 2019

C’est le titre d’une exposition à la Vieille charité, à Marseille, – à ne pas manquer!- et l’occasion d’une séquence sur le thème, le 7 décembre : Au menu : cadavres exquis et un texte écrit à partir de mots, phrases, piochés dans les livres mis à disposition et dans les cadavres exquis de début de séance.

Un texte support : celui de Nicolas Tardy sur son rapport au hasard dans son écriture.

Quelques cadavres exquis ( à prendre pour ce qu’ils sont…):
Le sapin insignifiant dévorera la montagne noire.
Le hasard décoré crève l’alliance joyeuse.
La fête sommaire rendra les bougies innocentes.

Moins « académique » : Qu’est-ce qu’un éléphant ? Une chanson douce.
Comment vois-tu ton avenir ? Cela se voit à l’oeil nu.
Qu’est-ce que l’envie de toi ? Une sortie de route autorisée.

Un des textes écrits à partir de la contrainte du jour :
Qui a dit que le hasard faisait bien les choses ? Je venais de la quitter devant le café du coin où nous nous étions donné rendez-vous. Je l’y avais rencontrée quinze jours plus tôt. Elle portait une robe aux couleurs pastel, aux motifs évanescents. Un tableau de peinture abstraite…
-Comment vois-tu ton avenir ? m’avait-elle lancé en s’asseyant en face de moi, une tasse de café fumant à la main.
-Devant moi, avais-je été tenté de répondre.

Mais cette fille, c’était de la poésie sur pied, une chanson douce, un territoire vierge. C’est une chose qui peut faire rire, mais si j’étais Dieu, Eve je l’aurais moulée à son image. Alors j’éludai. Nous venions de nous accorder sur la destination de notre première escapade: pour elle
ce serait la Montagne noire, loin des sapins insignifiants et des bougies innocentes. Je m’inquiétais de ce que tu en penserais, avait-elle dit, ravie.

Elle rêvait d’alliance joyeuse, de maison blanche et de chemins où nous marcherions pieds-nus dans l’herbe fraîche. Moi de sortie de route autorisée et de nuit merveilleuse sans lendemain. Le temps qui passe ne change rien à l’affaire : se ferment les histoires de mes amours comme des livres qui glissent derrière la porte du temps qui passe.